2 Sep

Un étranger en Olondre (Sofia Samatar)

olondre« Un étranger en Olondre » : quart de couverture

Jevick est le fils du plus riche marchand de poivre de Tyom. Bercé toute sa vie par les légendes et les contes de la lointaine Olondre, un pays où les livres sont aussi communs qu’ils sont rares sur son île, il touche enfin, à la mort de son père, au bonheur de visiter cette contrée magique et emplie de bibliothèques afin d’y perpétuer le commerce familial.

Ses désirs semblent comblés jusqu’à ce que, au lendemain du rabelaisien Festival des Oiseaux, qui rythme la vie religieuse en Olondre, il se découvre hanté par un ange.

Après avoir été emprisonné, Jevick est contraint de chercher de l’aide auprès des prêtres et des savants olondriens. Mais il lui apparait rapidement qu’il est devenu un enjeu capital dans la lutte sans merci que se livrent les deux principales religions olondriennes.

Dans un pays au bord de la guerre civile, Jevick devra comprendre ce que veut son ange et traverser tout un continent pour retrouver sa liberté.

Détail techniques :

Editions de l’Instant
Fantasy
480 pages (n’existe pas -encore- au format numérique en VF)
22,50 €

World Fantasy Award 2014, British Fantasy Award 2014, Crawford Award 2014

Finaliste du Prix Imaginales 2016, catégorie meilleur roman étranger
Finaliste du Prix Elbakin 2016, catégorie meilleur roman fantasy traduit

Lire un extrait

Mon avis :

J’avais participé à l’appel de fonds pour le lancement de cette jeune maison d’édition liégeoise, il y a presqu’un an. En compensation, j’ai reçu ce livre aux titres prestigieux et au quart de couverture alléchant. S’il y a des défauts de conception pour ce premier titre des Editions de l’Instant (qui ont été corrigés entre-temps), la qualité du texte est si éblouissante qu’on oublie vite ces quelques petites frustrations.

De même que ce roman de Fantasy est loin des clichés du genre, Jevick n’est pas un héro intrépide bataillant contre le mal. C’est un jeune garçon qui découvre la liberté, le voyage et surtout ce pays dont il rêvait de fouler le sol. Émerveillé et avide d’en apprendre plus sur cette contrée riche en littérature, il va apprendre que cette culture a aussi ses travers. C’est suite à une sorte d’orgie religieuse qu’il va se découvrir hanté par un ange, un fantôme que lui seul peut voir. Alors que le culte d’Avalei vénère les anges et ceux qui peuvent entrer en contact avec eux, Jevick va haïr sa situation. Car ses visions lui procurent douleurs et nausées, et la lumière de l’ange est si vive qu’elle en devient brûlante.
Jevick se frottera tantôt à des fanatiques qui vont l’aduler, tantôt à ceux qui veulent abolir ce culte et ne croient absolument pas aux anges. Pour eux, Jevick n’est qu’un fou comme les autres.
Mais l’ange ne lui est pas apparu par hasard. Il désire ardemment quelque chose et ne pourra quitter l’entre-mondes que lorsque son désir sera assouvi. S’en suivra alors une quête à travers les livres, les pays et une vie qui ne veut être oubliée.

Tout comme Jevick, le lecteur découvre Olondre pas à pas. L’écriture, par ce côté lent et appuyant sur les émotions, me fait un peu penser à Robin Hobb. Sofia Samatar possède cet art très rare de rendre intéressantes les choses insignifiantes du quotidien, de conter une action courte sur plusieurs pages sans lasser le lecteur. Un livre de Fantasy qui peut se lire à plusieurs niveaux : certains prêteront plus d’attention à la quête de Jevick et à la découverte d’Olondre tandis que d’autres seront fascinés par l’aspect culturel et religieux développé avec beaucoup de soin dans ce roman.

Une excellente lecture, et au vu du programme que proposent Les Editions de l’Instant, ce ne sera pas la seule en leur compagnie.

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Blackwolf, Julien le Naufrageur,

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