15 Oct

Fahrenheit 451 (Ray Bradbury)

Résultat de recherche d'images451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.

Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Détails techniques :

Folio SF
Première publication : 1953
224 pages
5,90 € format poche, 5,49 € format électronique

Mon avis :

Fahrenheit 451, un grand classique de la SF qui m’attendait sagement dans ma bibliothèque depuis un certain temps. Il en est enfin sorti et, bien que le roman ait pris de l’âge, il est encore d’actualité. Plus que jamais.

Le futur, une année inconnue. Un peu d’uchronie avec cette bombe nucléaire lancée dans les années 60. Et surtout, un peuple lobotomisé, éduqué pour ne pas penser, ne pas réfléchir. La seule préoccupation de l’humain doit être de prendre du plaisir. Tout de suite. Tout le temps. La culture ? Bannie. Elle aiderait les esprits à penser par eux-même, chose bien trop dangereuse.
Dans ce monde, la télé est devenue un monde en trois dimensions. Des « murs » où des personnages parlent au spectateur, leur répondent, le fait rire. Des personnages qui deviennent une « famille » à laquelle on s’accroche.

N’est-ce pas, dans un certain sens, proche de ce qu’est devenu Facebook pour certains ? Un lieu où retrouver des gens connus où inconnus auxquels ont s’accroche. Un lieu que l’on ne quitte plus, du réveil au coucher, en passant par notre quotidien. De la reconnaissance, du divertissement immédiat, du bonheur virtuel.

Les livres, ces fausses histoires rédigées comme si ces mensonges s’étaient vraiment déroulés par le passé, sont proscrits. Interdits. Brûlés par les pompiers chargés de débarrasser le monde de cette culture abrutissante.
Jusqu’à ce que Montag, un de ces pompiers, fasse la rencontre d’une jeune fille qui regarde la lune (mais qui, aujourd’hui, regarde la lune ? Pour quoi faire ?) et joue avec une fleur jaune.

Fahrenheit 451 est un livre magistral qui nous ramène à ce qui rend l’humain si spécial : la capacité d’imaginer, de rêver, de penser par lui-même. Un livre qui devrait être lu par beaucoup.
Mon seul regret est de constater combien la femme est totalement inutile dans cette histoire. Elle est reléguée à un personnage tertiaire, une plante qui fait joli. La femme de Montag ne travaille pas, ne fait rien d’autre de ses journées que de discuter avec sa « famille » et inviter des copines tout aussi superficielles. Parmi les quelques personnages un peu plus profonds, qui réfléchissent, qui sont un tant soit peu cultivés ou même parmi les exilés : aucune femme.
Un monde machiste rédigé dans des années machistes. Dommage. Mais peut-être cela peut-il également ouvrir les yeux à certains.