2 Oct

Silo (Hugh Howey)

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

Détails techniques :

Editions Actes Sud
Collection Exofictions
Thriller postapocalyptique, dystopie
Paru en octobre 2013
23 € broché, 9,99 € en numérique
557 pages

Mon avis :

Dernièrement, j’ai lu beaucoup de très bons livres. Toutefois, aucun n’a égalé la puissante attractivité de celui-ci. Impossible de lui résister. L’envie de connaître le dénouement de toute cette histoire était trop forte pour que je songe à m’occuper autrement qu’en tournant (numériquement) les pages.

Pour la petite histoire, et au risque de faire grincer des dents les anti-autopubliés, Hugh Howey a publié lui-même son livre au format numérique. Vu son succès phénoménal (plus de 500.000 ventes), les éditions Simon & Schuster s’y sont intéressés. Même la 20th Century Fox a en a acheté les droits audio-visuels. C’est ensuite Actes Sud qui a obtenu le gros lot en publiant Silo en français.
Comme quoi, il ne faut pas bouder les auteurs autopubliés. On y trouve de vrais bijoux.

Mais revenons à notre Silo…
Il s’agit d’un monde souterrain si profond qu’il est impossible de descendre du premier étage au dernier en un seul jour. Le fonctionnement de la communauté est très hiérarchisée, c’en est presque une caricature. Ceux qui vivent dans les étages supérieurs sont considérés par les autres comme des privilégiés, la « classe supérieure », tandis que ceux du fond sont les « graisseux », ceux qui font tourner les machines, les extracteurs de pétrole, d’eau, les recycleurs d’air etc. Bref, les mécanos. Les habitants du milieu, eux, aiment se considérer comme faisant partie de « ceux du haut ». Mais quelle importance, alors que tous ont un but précis : faire tourner le silo sans jamais se préoccuper de ce qu’il y a dehors. L’extérieur… y penser est très mal vu. En parler est dangereux. Vous voulez sortir ? Alors sortez, et mourrez. Telles sont les règles.
Car si les êtres humains restent enfermés sous terre, c’est qu’il s’est passé une catastrophe horrible à la surface. Quoi ? Personne ne le sait. Les serveurs informatiques ont été formatés. Tout ce que l’on sait, c’est que l’air est devenu mortel et que les seuls êtres vivants sont dans ce silo.

Ce roman a été rédigé et diffusé par épisodes, ce qui se ressent beaucoup au niveau du rythme insufflé à l’intrigue. L’auteur manie le suspense avec brio, ce qui pousse le lecteur à se cramponner à son livre et à refuser tout autre activité tant qu’il n’est pas arrivé au bout.
Si ce monde souterrain a été imaginé pour qu’il fonctionne à la perfection durant plusieurs centaines d’années, il s’agit pourtant bien d’une dystopie. Car un tel mécanisme a besoin de rouages parfaitement ajustés pour que l’ensemble tourne sans heurt. Et pour cela, il faut des règles strictes. Des règles parfois inhumaines. Jouer sur la peur… du terrorisme ? Oui, on peut dire qu’il s’agit d’une forme de terrorisme. La terreur ne fonctionne pas qu’avec des explosifs.

Seul bémol : les péripéties de Juliette sont un peu trop grosses pour qu’elle y survive aussi facilement. Elle subit, certes. Mais le coup des bulles d’air, là (ceux qui ont lu comprendront) c’était tout de même un peu trop WTF.

En bref, ce livre fut un véritable coup de cœur. Je l’ai dévoré comme je dévore rarement un livre. Je le recommande à tous sans distinction, il ravira autant les amateurs de SFFF que les fans de thriller. Pas de tranche d’âge de prédilection, il permet à tous de se poser des questions. La plus importante étant peut-être : « que suis-je prêt à faire pour survivre ? »

Ce ne sera donc pas une surprise si je vous dis que Silo : origines et Silo : générations entrerons dans ma PAL en 2016 (pas avant, j’ai promis à ma PAL qu’elle maigrirait en 2015).

Dans la blogosphère :

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8 réflexions au sujet de « Silo (Hugh Howey) »

  1. Sympa, et ça se dévore bien en effet, mais pas de coup de coeur pour moi. C’est très efficace, mais ça reste assez classique dans l’ensemble.
    Le tome 2 vaut le coup pour l’éclairage qu’il apporte (c’est une préquelle) malgré quelques longueurs. Le tome 3 en revanche est entièrement prévisible, et trop consensuel…

    1. Chaque lecteur vit ses livres d’une manière différente 🙂
      Bien que classique (j’aime bien le classique, en fait), celui-ci m’a amené à me poser certaines questions. Et ça pour moi, c’est la plus grosse réussite qu’un livre puisse obtenir.
      Pour les tomes 2 et 3, je vais de toute façon attendre un petite peu. Rien ne presse 🙂

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