28 Oct

Punk’s Not Dead, Anthelme Hauchecorne

Voici un recueil (ou « cercueil » comme le nomme l’auteur) de nouvelles pas comme les autres. À tous points de vue. L’auteur français Anthelme Hauchecorne nous prouve à travers les treize nouvelles de son second recueil qu’il a plusieurs plumes dans son encrier.

Quart de couverture :

Soyez réalistes. Exigez l’impossible !

À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ?
Qu’adviendrait-il si le QI des Français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, l’an 1789 version 2.0 ?
Est-il bien sage pour un succube de s’amouracher d’un simple mortel ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Et si La Mort s’accordait un repos mérité ?

Tout d’abord, parlons de l’objet : le livre.
Je le trouve personnellement magnifique. Chaque nouvelle est illustrée, parfois plusieurs fois, et les séparations des scènes sont elles aussi sous forme d’illustrations miniatures, toujours en rapport avec le texte. L’illustrateur Loïc Canavaggia a réalisé un travail splendide.
En dehors du visuel, il y a ici une approche que je n’ai encore jamais vue ailleurs (ça doit sans doute exister mais je n’ai pas encore lu assez de recueils, sans doute) : l’auteur nous parle. À nous, lecteurs. Les notes de bas de page foisonnent, tantôt avec un caractère purement informatif digne d’une définition du dictionnaire, tantôt avec un humour complètement décalé !
Ajoutons à cela les « backstages » présents à la suite de chaque texte. Y figure une courte explication d’Anthelme Hauchecorne sur la création de la nouvelle en question. Pour quel appel à texte il l’a rédigée, si elle a été acceptée ou non, ce qui en a inspiré l’histoire et/ou le contexte et surtout le message qu’il a voulu faire passer.

Tout ceci rend la lecture presque interactive. C’est un concept que j’aime beaucoup.

Les nouvelles sont semblables et très différentes à la fois. Toutes (ou presque) baignent dans l’atmosphère punk (d’où le titre, n’est-ce pas ?). Un monde que je ne connais que très peu, j’avoue. Pourtant, ça passe très bien. Pour autant qu’on aime l’humour décalé, parfois noir, le glauque, le gore même. Mais il y a aussi des nouvelles beaucoup plus sérieuses, qui traitent de sujets graves et qui nous touchent aujourd’hui.
Je ne prendrai que cet exemple : « La guerre des Gaules », qui retrace la façon dont la France a chuté suite à l’élection du parti « Nouvelle France » (pour ne pas dire FN). Une dystopie qui pourrait peut-être devenir réalité…

Il y a cependant quelques nouvelles auxquelles je n’ai pas accroché, malgré leur nomination pour des prix littéraires. Peut-être étaient-elles trop loufoques pour moi ? Une question de goûts, sans doute.

Malgré le caractère humoristique et décalé de ce recueil, il traite de sujets actuels qui nous forcent à cogiter sur notre monde, voir sur nous-même. Si certaines nouvelles peuvent être lues avec légèreté, on ne sort toutefois pas indemne de notre lecture.

Toutes les droits d’auteur de Punk’s Not Dead sont reversés à l’association « Sea Shepherd ». Bizarrement, après une petite recherche, je constate que les droits d’auteur de chacun des livres d’Anthelme Hauchecorne sont reversé à une association différente. En gros, il écrit pour être
lu, et donne pour un monde meilleur. Peu en sont capables.

challenge francofou 25

2 réflexions au sujet de « Punk’s Not Dead, Anthelme Hauchecorne »

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