3 Juin

Port d’Âmes (Lionel Davoust)

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Quart de couverture de « Port d’Âmes » :

Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.
Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques. Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville, le jeune homme s’investit de tout son coeur dans le projet.
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

Détails techniques :

Editions Critic
Fantasy
1ère parution : aout 2015
540 pages
23 € broché (pas de version numérique à ce jour)

Mons avis :

Je fréquente régulièrement le blog de Lionel Davoust, pour ses excellents conseils d’écriture et ses billets non dénués d’humour. Grâce à lui, j’ai découvert le magique Scrivener (dont je n’ai pas encore exploré tous les tréfonds), j’ai trouvé quelques méthodes à appliquer pour m’organiser, me structure, me motiver à avancer. Bref : big thank you, Lionel !
Il y a deux ans, pour mes premières Imaginales, je me suis procurée le premier tome du Mystère Léviathan, que j’ai dévoré l’année dernière. Faute de budgets, je n’ai pas encore lu les deux suivants mais cette année j’ai pu les obtenir auprès de l’auteur durant les Imaginales ! Entretemps, grâce à des bons cadeaux reçus pour mon anniversaire, je me suis offerte Port d’Âmes. Ce n’est pas le premier récit sur le monde d’Évanégyre, mais c’est le seul que j’ai pu dénicher en bibliothèque près de chez moi. Alors c’est par là que j’ai commencé. Et bon sang, je n’ai pas envie de m’arrêter en si bon chemin.

Évanégyre est un monde très vaste, composé de trois grands Royaumes dont les frontières convergent vers Aniagrad, la cité franche, ou cité libre. Une ville où tout est permis. Les lois n’y sont pas légion, par contre l’Administration veille scrupuleusement à ce qu’elles soient respectées. Pour se faire, elle n’hésite pas à utiliser les habitants comme des pions, trouvant toujours la faille qui les fera se plier à leur volonté. Rhuys, en jouant les grands défenseurs, va tomber entre les griffes d’un administrateur très à cheval sur le règlement. C’est ainsi qu’il découvrira les tréfonds d’Aniagrad et ce que son passé recèle comme lourds secrets.

Un livre plein de mystères qui se dévore rapidement. Très vite, le lecteur est embarqué dans une histoire qui le dépasse, comme cette nouvelle vie dépasse Rhuys. On vit ses émotions et ses transferts avec force. On hait et on adore Aniagrad tant cette ville peut être redoutable et magnifique à la fois. Dans ce livre plus que dans tout autre, la ville est un personnage à part entière et c’est ce qui en fait toute l’originalité. La magie n’est présente qu’à travers les transferts, ces rituels où la vendeuse transmets à l’acheteur les émotions liées à un moment clé de sa vie. Là aussi, une façon originale de traiter la magie. D’autant plus que ces moments sont si bien décrits, si intenses qu’ils deviennent poésie. Et de poésie il en sera évidemment question aussi tout au long de l’histoire.

L’écriture de Lionel Davoust est décidément très efficace. Bien que quelques indices soient disséminés à travers le roman, tous les tenants et aboutissants ne sont dévoilés au lecteur qu’à la toute fin, dans une explosion de révélations qui le laissent pantois. Lorsque j’ai terminé ma lecture, j’ai eu envie d’applaudir.

D’autres avis :

Blackwolf, La chaumière des mots, Arieste, Cédric Jeanneret, Xapur