26 Juin

Mordred (Justine Niogret)

Oyez la sinistre et triste histoire de Mordred, le chevalier renégat.

La légende veut que Mordred, fruit des amours incestueuses d’Arthur et de sa sœur Morgause, soit un traître, un fou, un assassin. Mais ce que l’on appelle trahison ne serait-il pas un sacrifice ?

Alité après une terrible blessure reçue lors d’une joute, Mordred rêve nuit après nuit pour échapper à la douleur. Il rêve de la douceur de son enfance enfuie, du fracas de ses premiers combats, de sa solitude au sein des chevaliers. Et de ses nombreuses heures passées auprès d’Arthur, du difficile apprentissage de son métier des armes et de l’amour filial. Jusqu’à ce que le guérisseur parvienne à le soigner de ses maux, et qu’il puisse enfin accomplir son destin.

Détails techniques :

Éditions Mnémos
Sorti en août 2013
168 pages au grand format
Prix : 17 €
Lire le début gratuitement

Mordred est un personnage des légendes arthuriennes que l’on connait peu. Merlin, Arthur, Lancelot et Perceval ont tous eu leur heure de gloire. Mais Mordred ? Celui qui, comme moi, ne s’est jamais vraiment penché sur ces légendes, n’en aura probablement jamais entendu parler. C’était mon cas avant de lire l’anthologie Lancelot (Zone Franche 2014).

Justine Niogret décrit Mordred comme un personnage froid, distant, que seule la guerre parvient à éveiller. Il est un chevalier tourmenté tant par la douleur procurée par une veille blessure reçue lors d’un tournois, que par l’arrachement à son enfance qu’il a subit.
La souffrance provoque fièvre et rêves. Durant ces moments d’inconscience, Mordred se revoit enfant, chez sa mère Morgause. Puis lors de ses diverses épreuves.

La plume de Justine Niogret est, il faut l’avouer, magnifique. On se laisse emporter par cette mélancolie, ce désespoir presque palpable. Mais aussi cette lueur d’espoir : le mire (ou médecin), veut tenter une intervention chirurgicale.

J’attendais beaucoup de ce livre, vu les très bonnes critiques. Les mots sont beaux, bien choisis. Les discours sont somptueux, l’atmosphère autour de l’enfance de Mordred est féérique.

Mais je me suis ennuyée.
Peu d’action, pas vraiment de but. Je me suis posée la question jusqu’à la fin : mais où veux-tu m’emmener, Justine ? A cette fin que l’on devine si aisément passé le milieu du (court) livre ? Et c’est tout ?

Si l’écriture est magnifique, l’histoire n’en est pas vraiment une. On suit les rêves (la mémoire ?) de Mordred et les paroles d’un Roi qui aurait voulu une autre vie. Voilà. C’est tout. Et pour le prix, c’est bien dommage.

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7 réflexions au sujet de « Mordred (Justine Niogret) »

    1. Le côté introspectif ne me dérange pas du tout. Au contraire. Mais là, c’était trop. Du début à la fin.
      Mon avis reste mitigé car j’ai vraiment apprécié ce que j’ai lu, mais j’en attendais plus. Ce qui m’a donné cet impression de « tout ça pour ça ? » et d’ennui.

  1. C’est vraiment un livre d’atmosphère et on adhère… ou pas. Dommage que tu n’aies pas aimé, moi j’ai apprécié notamment parce qu’il était bref, s’il y avait eu plusieurs dizaines de pages de plus, cela aurait sans doute fait trop.

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