13 Sep

Les Cités des Anciens – Tome 8 (Robin Hobb)

A Kelsingra, après la découverte du puits d’argent, source de la magie des Anciens, le capitaine Leftrin et ses compagnons tentent d’évacuer les débris qui bouchent le conduit d’accès à la précieuse substance. Ils veulent ainsi permettre aux dragons et aux Anciens de retrouver leur magie et surtout, sauver le petit Phron, l’enfant de Malta et de Reyn.

Détails techniques :

Editions Pygmalion
Prix : 21,90 € au grand format, 14,99 € format Kindle, 10 € chez France/Belgique Loisirs (y’a pas photo).
Pages : 311 (trop peu…)
Dernier tome de la série (snif !)

On ne présente plus Robin Hobb, qui sera présente aux Imaginales 2015 (Epinal, France) ainsi qu’à Trolls & Légendes 2015 (Mons, Belgique). Passons donc directement à ce dernier tome des Cités des Anciens, intitulé Le Puits d’Argent.

Maintenant que l’on sait enfin à quoi sert l’Argent (au bout de 3 séries de livres, il est temps, non ?), voilà qu’il vient à manquer. Est-il possible de le faire jaillir à nouveau, ou Kelsingra est-elle condamnée à rester déserte, faute de cette substance si précieuse aux Dragons et aux Anciens ? Voici le noeud du problème pour nos jeunes Anciens. Obligés de plonger dans les souvenirs que renferment les pierres de mémoire, au risque de s’y perdre.
Parallèlement, les navires étanches de Chalcède font voile vers Kelsingra afin d’en dérober les trésors… et quelques morceaux de Dragons. Hest est à leur bord afin de rafler sa part du marché…

… et Robin Hobb est malheureusement américaine. Hollywood. Happy ends. Tout ça. Voilà bien le seul point qui m’a énervée en achevant ma lecture : encore un « tout est bien qui finit bien ».

Oh, oui ! La SFFF a besoin d’optimisme, d’espoir, de lumière dans cet amas de livres post-apocalyptiques au futur si sombre. Mais là, j’ai vraiment l’impression que Robin Hobb ne sait pas faire autre chose qu’une fin heureuse pour tout le monde (sauf les méchants). Sur chaque série que j’ai lu d’elle jusqu’à présent, aucune ne se termine mal, ou au moins à moitié bien (ou mal, c’est selon). Aucune nuance, toujours blanc, jamais gris. Elle en est pourtant capable. Elle sait manier les sentiments pour faire frémir le lecteur, elle crée si bien ses personnages et leur évolution qu’on ne peut que s’attacher à eux et tourner les pages sans cesse jusqu’à ce qu’arrive enfin un peu de bonheur dans leur vie si rude (happy end ?).
Oui, on en a envie de cette fin heureuse. Bien entendu ! Mais personnellement, j’aime aussi être surprise. Et là, je ne le suis plus.

Fool’s Assassin vient de paraître en anglais et sera une nouvelle trilogie (certainement encore découpée pour la version française). On y retrouvera Fitz et le Fou, pour mon plus grand bonheur. Sa fin heureuse à lui ne pouvait pas durer ! Et qu’importe si cette nouvelle série se termine encore une fois sur de petits coussins roses, je plongerai dessus. Comme d’habitude. J’ai beau être une râleuse, j’aime trop l’écriture de cette auteur et son univers pour passer à côté.

Lu et chroniqué dans le cadre du challenge SFFF au féminin du Dragon Galactique.

5 réflexions au sujet de « Les Cités des Anciens – Tome 8 (Robin Hobb) »

  1. Je n’ai rarement été autant d’accord avec un avis sur l’écriture de Robin Hobb, même si je n’ai toujours pas terminé ce 8ème tome. Concernant les happy end, c’est Le soldat chamane qui m’a vraiment déçu à ce niveau-là. Or je respecte pas mal cette trilogie que beaucoup de fans ont traité sans ménagement, peut-être parce que leur auteur fétiche avait osé écrire dans un autre univers (et le déshonneur que vit Jamère était unique en fantasy: peut-être cet aspect a-t-il été mal accepté). Mais la fin résolvait si complètement la situation du héros que j’en étais mal à l’aise: on était proche de l’annulation du passé, ce qui n’était pas le cas des autres fins concoctées par l’auteur (celle de la 2nde trilogie de l’assassin est même assez forte et nous impose une situation certes heureuse, mais pas facile à avaler en ce qui me concerne).
    D’autre part, je trouve que le talent mis au service de la psychologie des personnages, qui contribuait à faire des Aventuriers de la mer (ma trilogie préférée ?) une fresque dépaysante reposant sur une palette de personnages forts et sans véritable manichéisme (dans mes souvenirs), s’est raréfié avec le temps. Hest est un exemple de cette tendance à la simplification que je ressens, et c’est encore plus gênant quand l’auteur ne se rend pas compte des perches qu’elle se tend, des possibilités de nuancer ses personnages. Hest est traité comme un esclave sur un bateau chalcédien, dans des conditions très dures, puis se retrouve aussi beau-parleur et avenant qu’avant une fois libéré: comment avoir loupé une occasion pareille ? Non pas pour le faire changer à 360 degrés bien sur, mais pour ajouter une teinte supplémentaire au personnage, et du coup créer de la compassion/compréhension chez le lecteur. Bref, faut que je le finisse, ce roman. Si ça se trouve, une bonne surprise m’attend à son encontre…
    Hobb est encore capable de moments forts et de vrais dilemmes entre persos, et j’idéalise peut-être les premiers romans que j’ai lus d’elle. Je lui souhaite le plus d’inspiration possible pour son Fool’s assassin !

    1. Dans mes bras !!!
      Je t’invite à rapidement achever ta lecture, on a encore des choses à se dire, toi et moi ^^
      J’ai également eu cette impression sur les personnages. On devine trop aisément quel tournant ils vont prendre dans leur évolution. Quant à Hest… pfff. On en reparlera. Mais oui, j’ai eu exactement ce sentiment lorsqu’il s’est remis à faire le beau auprès des nouveaux Anciens : WTF ? Robin ?
      Alors est-ce que ces happy-ends sont sa façon à elle de mettre un point final à l’histoire ? Car il est aisé d’y revenir tant qu’il y a des problèmes à résoudre. Pourtant, même ainsi, elle y revient sans cesse. Alors pourquoi ?
      Je crois que je lui poserai la question, si j’en ai l’occasion à Trolls & Légendes !

  2. Merci pour ta réponse: je vais m’y atteler ! C’est qu’avec les documents pris en médiathèque, je mets à plus tard le reste parfois indéfiniment.

  3. Je me suis décidé à le terminer. Bon, les enjeux dramatiques se réduisent à peu de choses dans ce dernier volume. Certes, il y a la blessure de Tintaglia et la vie du petit Ephron, mais Chalcède est balayée d’un revers de main. Robin Hobb a le droit d’avoir d’autres soucis que mettre en scène un assaut XXL de dragons, mais j’aurais apprécié quelques pages descriptives, ou que des engins défensifs blessent un ou deux dragons, histoire de dire que la cité avait tenté de se préparer…

    (SPOIL) Hest a droit à une fin stupide, comme la mort des méchants dans un blockbuster familial: entre comique et cruauté, parce que le mal doit être puni mais avec le sourire. L’histoire aurait pourtant eu bien besoin d’un adversaire de valeur qui laisse un souvenir auprès du lecteur et des autres personnages, en particulier Sédric qui lui aussi s’en balance totalement, ce que je ne trouve pas cohérent ou convainquant. Cela et la mise en place des différents couples me donne l’impression que le style a un peu trop prêté le flanc à la « littérature sentimentale ». Il n’y a pas besoin de semer des morts pour faire une bonne histoire, mais montrer que tout ne s’arrange pas, que certaines épreuves sont insurmontables ou créent des individus ambivalents me semble caractéristique d’une littérature plus adulte.

    Globalement, j’ai plutôt bien aimé ce cycle: les relations gardiens/dragons ne sont pas idylliques, et ces derniers ne sont pas devenus des chevaux apprivoisés au fil des livres. De son côté là, Hobb n’a pas fait de concessions bisounours et c’est une réussite, avec des créatures au départ fascinantes, avec leur côté orgueilleux dans un corps infirme, et qui évoluent avec justesse. Alise est un de mes personnages préférés comme sait en imaginer Robin Hobb, avec ses forces et ses faiblesses et connaissant des moments d’abattements: sa relation avec Sédric en particulier m’a plu. Sédric d’ailleurs est un personnage très intéressant mais qui se rachète un peu trop parfaitement à mon goût. Thymara est assez réussie même si ces hésitations amoureuses m’ont parfois déçues. Kanaï et sa transformation au contact des pierres le rend plus sombre et sa dernière confrontation avec Thymara ne manquait pas d’intérêt. Toute l’histoire des pigeonniers m’a plu: Robin Hobb sait y faire dans les intrigues comprenant des animaux, comme avec le Vif. Leftrin est attachant, le couple Malta et Reyn est touchant; c’est vraiment cette logique du couple systématique et des résolutions heureuses qui affaiblit tout.

    J’espère que Fool’s assassin sera puissant sans avoir recours à la romance systématique et que l’auteur saura amener de vrais enjeux pour démarer son histoire. J’avoue avoir un mauvais pressentiment après avoir survolé quelques avis sur amazon.

    1. Oui ! Oh mais je suis TELLEMENT d’accord avec ton analyse !
      Ce fameux « happy end » pour les gentils et la bonne leçon pour les méchants… des romances en veux-tu en voilà, et si t’en veux pas t’en aura quand même…
      Elle sait jouer avec les émotions, mais là, elle se cantonne trop sur les sentiments de couple, comme tu le dis si bien. Il y avait tant d’autres choses à faire sur ce cycle !
      Enfin bon, ça ne m’empêchera pas de lire Fool’s Assassin. (mais je lui en toucherai un mot quand même à Trolls & Légendes :p )

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