16 Août

Les auteurs, Kindle, et le prêt d’eBooks

Il y a quelques jours, je suis tombée sur un article partagé sur Facebook : « Furieux et paranos, des auteurs font fermer un site légal de prêts de livres ».  Le sujet m’a interpellé. Ou plutôt les sujets, car il y en a deux : le prêt d’ebooks via le Kindle, et le fait que certains auteurs se rebellent contre ce principe, pourtant on ne peut plus légal.

Le prêt de livres électroniques via Kindle :

Il est possible depuis un certain temps déjà de prêter les eBooks achetés via la plateforme du Kindle d’Amazon. Je n’en savais rien, je l’ai découvert en lisant cet article. Après quelques recherches, voici en quoi cela consiste :

  • Le prêteur et l’emprunteur doivent tous deux posséder un Kindle, ou une application Kindle (sur mobile ou ordinateur)
  • On ne peut prêter un livre qu’une seule fois
  • Le prêt en question ne peut durer que 14 jours maximum
  • Durant ce labs de temps, le prêteur n’a plus accès au livre prêté
  • L’éditeur du livre décide, seul, si oui ou non le livre sera « empruntable » (car ils ne le sont pas tous)

L’idée n’est pas mauvaise. Votre ami à un Kindle et pas vous ? Vous vouliez absolument lire le livre qu’il vient de finir mais vous n’avez pas les moyens ni d’acheter un Kindle, ni d’acheter le livre ? Pas de problème ! Téléchargez la petite application « Kindle pour pc » (ou Mac, ou Ipad, ou n’importe quoi d’autre) et demandez à votre ami de vous prêter l’eBook en question !
Une bibliothèque géante à portée de clic, entièrement gratuite, légale, et donc, qui décourage le piratage. Que rêver de mieux ?

On pourrait penser qu’Amazon allait perdre des plumes dans cette affaire. Oui, mais Amazon savait ce qu’il faisait. Quatorze jours, c’est vite passé. Tout le monde n’achève pas un livre en deux semaines. Et puisque chaque livre n’est prêtable qu’une seule fois, le lecteur est évidemment tenté d’acheter le livre en question pour connaître sa fin. C’est bien vu, non ?

Bon bon bon, c’est bien beau tout ça, mais ça ne vaut évidemment que pour les eBooks dont l’éditeur a décidé qu’ils pourraient être prêtés, et pour ceux qui sont soumis aux règles DRM. Car il y a aussi des éditeurs (bien souvent il s’agit d’auto-éditeurs) qui décident de ne placer aucune DRM. Ainsi, leur livre est copiable et prêtable à souhait, sans aucune restriction. Du piratage légal, en quelques sortes.

C’est ici que nous arrivons au second sujet :la révolte des auteurs contre le prêt (légal) d’eBooks

Pour ceux qui ont la flemme de lire tout l’article (pourtant pas bien long), voici les passages les plus importants :

Le site LendInk mettait en relation ceux qui souhaitent livre un livre et ceux qui l’ont acheté et acceptent de le prêter. Il formait ainsi une « communauté P2P » parfaitement légale, où chacun achetait et prêtait des livres, comme ça s’est toujours fait. Et précisons, si c’est utile, qu’Amazon paye une redevance chaque fois que le livre est prêté…

Au mieux les auteurs prenaient LendInk pour un site pirate sans foi ni loi, au pire ils comprenaient à quoi servait le
site mais estimaient que le prêt gracieux était un acte équivalent au piratage.

En lisant ces lignes, je me suis demandé quel était le but des auteurs aujourd’hui.

Il y a de plus en plus d’écrivains. Les blogs d’écriture pullulent sur le net, de même que les amateurs qui s’auto-éditent. Lulu.com et autres sites d’impression à la demande n’y sont certainement pas pour rien. L’écriture est devenu un phénomène de mode, peut-être plus encore que la lecture elle-même. Y aurait-il aujourd’hui plus d’écrivains que de lecteurs ? Peut-être. Mais le but de la plupart est d’être lu. Rares sont ceux qui gagnent leur vie grâce à leurs écrits. Si tel est le cas, tant mieux, c’est du bonus.

C’est en tous cas la vision que je me fais de l’écriture. J’écris par plaisir et c’est le cas de la plupart.

Les auteurs qui ont étés jusqu’à menacer la famille du propriétaire du site communautaire de prêt de livre vont-ils faire de même avec les tenanciers des bibliothèques de quartier ? Ont-ils oublié que le prêt de livre existe depuis … que le livre existe ?

Il faut croire que toute une génération d’auteurs n’écrit plus pour être lus et faire rêver, mais uniquement pour être rémunérée.

Laisser un commentaire