7 Sep

1 – L’interview des lecteurs (par Le Korrigan)

Korrigan
Un lutin au visage facétieux, dont les oreilles anciennement pointues mais aujourd’hui tombantes, entrait dans une pièce éclairée. Le lieu, passablement meublé, comportait en son centre deux sièges feuillus confortables. Les accoudoirs étaient en réalité des tiges d’orchidées tressées, dont les fleurs s’épanouissaient le long du fauteuil. Une silhouette trônait déjà l’un d’eux : L’auteur, qui n’était autre que la mystérieuse sorcière de la magie des mots. Elle devait s’accoutumer de l’étrange décor qui se déployait sous ses yeux pour l’interview. Une odeur de bois de cèdre, un arrière goût de terre et le piaillement d’oiseaux invisibles.

Le Korrigan vient se poser devant Doris. Sa face ridée se contorsionnait sous les diverses grimaces de la créature. Ses yeux noirs, porcins, regardaient la silhouette féminine avec une certaine fascination mélangée au dédain naturel que l’on attribue à cette race de protecteurs de la nature.

Ses longs doigts effilés viennent alors feuilleter le questionnaire avec lenteur. Sa langue violette et râpeuse léchait l’index avant de tourner une page. La créature appréciait sans doute mettre le malaise. C’est après quelques minutes que sa bouche tordue consentit enfin à poser la première question :

  • Doris…Ghanima…Mira… Arnemen… tant de noms pour une seule personne. Ne succomberiez vous pas à la multiplicité d’identité ? Êtes-vous réellement humaine ? La réalité de votre race selon vous, est-elle une question seulement de métaphysique, ou reflète t’elle la profondeur de vos caractères?

Scientifiquement, je suis humaine. Bien que je n’en sois pas très fière… vu ce que cette race devient. Certains animaux sont pour moi plus « humains » que l’Homme.
Quant aux identités multiples, Doris a toujours été derrière chaque autre nom.
Ghanima était une Elfe végétarienne. Doris est carnivore.
Mira était une pirate chasseuse de trésors. Doris est comptable de formation.
Arnemen était… heu… ben là, je ne suis pas très différente ^^’

Le jeux de rôle, comme l’écriture, implique que l’on crée un (voir des) personnage(s) de toute pièce. Il faut incarner ce rôle, le rendre réel. Un acteur de cinéma ne s’y prend pas autrement. Est-ce pour autant que l’acteur qui joue le rôle d’un assassin sanguinaire est un meurtrier dans la vraie vie ?
Ses yeux s’illuminaient un peu après avoir posé sa première question, lui laissant le temps d’y répondre. Par ailleurs, elle aurait pu constater qu’une horloge arrêtée était accrochée à un mur : le bois exotique, finement sculpté, laissait voir les mots suivants :

« Ici le temps est une banalité crée par les humains pour leur rappeler qu’après le carré de vie vient la mort. »

  • Selon vos antécédents, vous n’en seriez pas à vos premiers essais dans le monde littéraire. Depuis quand exactement écrivez vous et comment avez-vous eu l’inspiration pour cet univers ?

Si, ce sont bel et bien mes premiers essais.
Sauf si l’on considère les quelques textes que j’ai rédigé sur mes personnages dans un cadre rôle-play… mais ce n’
était pas vraiment destiné à être lu par tout le monde et n’importe qui.

Toutefois, c’est grâce à ces quelques textes que j’ai pris goût à l’écriture. Mes personnages vivaient sur l’écran de mon pc, en interaction avec les personnages d’autres joueurs, et ensuite je rédigeais leurs aventures sous forme de textes courts. Ces récits me permettaient de décrire les actions et pensées de mes personnages avec plus de détails. Je pouvais aussi y ajouter des scènes impossibles à réaliser dans le jeu, mais qui avaient toutefois leur importance pour la vie de mes créations pixellisées.

Je faisais également partie du staff du serveur de ce jeu de rôle en ligne. Nous avions décidé de remanier toute l’histoire du monde, de recréer des races et donc, de revoir le serveur de A à Z. On m’a chargé de rédiger quelques histoires et légendes sur ce nouveau monde, ainsi que de créer quelques races. Je pense que c’est là que l’envie m’est venue d’écrire un vrai texte, sous forme de roman.
J’avais d’ailleurs rédigé une ébauche de race féminine, que l’on appelait alors « Amazones ». Ce sont aujourd’hui les Felagyas de ma nouvelle « Traditions ». Nouvelle qui n’est en réalité qu’un background de personnage pour le roman La Magie des Mots.

Mais à vrai dire, l’inspiration vient de partout. De mes lectures, des films et séries qui me plaisent (ou pas, d’ailleurs), et même de mes rêves. Un jour, je me suis réveillée vers 3h du matin avec une idée qui m’est venue, comme ça, alors que je cherchais le sommeil. C’est devenu une des intrigues principales du roman. Je pense que c’est la seule fois ou j’ai pris des notes…

  • Aujourd’hui vous avez crée la magie des mots : A la fois un blog pour vos récits et critiques de livres. Vous participez également pour le websine YmaginèreS : Vous êtes vraiment venue d’ailleurs n’est ce pas, pour être autant investie ?

Je suis une passionnée des mots, de leurs multiples significations et des histoires qu’ils nous racontent. Je lis beaucoup, énormément. J’aime lire depuis… heu… je pense que j’étais encore à l’école primaire quand j’ai commencé à apprécier la lecture. Mais ce phénomène s’est intensifié au fil des ans.
Je suis tombée sur YmaginèreS un peu par hasard, alors qu’Aramis (rédacteur en chef d’YmaginèreS) faisait une pub pour ce webzine dont le premier numéro allait bientôt paraître. Le concept me plaisait et les thèmes abordés me parlaient. De mon côté, le site web « La Magie des Mots » était déjà en place mais manquait cruellement de lecteurs. J’ai donc demandé à Aramis si la publication de mon roman dans le webzine, au rythme d’un ou deux chapitres par numéro, pouvait l’intéresser. Les délais étant trop longs entre chaque webzine, il m’a proposé de publier mon roman sur le blog d’YmaginèreS, ce que j’ai accepté. De fil en aiguille, je me suis investie dans ce projet à travers l’interview de diverses personnalités du genre littéraire, quelques articles également.
Plus tard, Aramis a lancé un appel à qui voudrait rédiger des critiques de livres. Critiques qui seraient publiées sur le blog YmaginèreS.  J’étais toujours à la recherche d’un moyen pour meubler mon propre blog et amener des lecteurs plus régulièrement sur mon site. C’est ainsi que je me suis mise à rédiger des critiques sur tout ce que je lis.
Le lutin rajustait ensuite sa silhouette sur le siège venant croiser ses pieds nus entre eux. Il frottait les voutes plantaires entre elles afin de laisser s’échapper des résidus de saleté par terre. Il finissait par s’
humecter ses lèvres charnues du bout de sa langue dans un sourire un peu pervers.

  • Une autre question me vient à l’esprit. Avez-vous un endroit particulier ou vous aimez écrire ? Ou pouvez vous placer vos mots sur le papier dans n’importe quelle circonstance ?

Le papier ?! Mais c’est complètement dépassé ! Il faut vivre avec son temps…
J’écris sur mon mini-pc, que je peux facilement emporter partout. Mais c’est principalement dans mon lit ou sur le divan que j’écris. J’essaye d’éviter d’écrire lorsque la télé est allumée, sinon je suis trop distraite. Bien qu’internet me distraie plus encore… mais pour moi, Internet est une nécessité pour écrire. Je l’utilise pour mes recherches sur des sujets particuliers, mais aussi pour l’orthographe. C’est bien plus rapide que d’avoir à fouiller 10 livres de grammaire. Et puis quand j’écris dans le jardin, c’est tout de même moins volumineux un mini-pc que tous ces livres.
Par contre, je rêve du jour où l’on pourra acquérir un ordinateur portable avec un écran bien visible à la lumière du jour. Un peu comme l’encre électronique du Kindle. Vous avez déjà essayé de bosser sur votre pc dehors ? Alors vous voyez de quoi je parle…

 

  • Enfin, j’aimerai savoir quelles conséquences attendez-vous d’un projet tel que la magie des mots ? Un investissement plus poussé des lecteurs ? Les rendre moins timides ?

La première conséquence de ce projet : mon plaisir personnel. Y’a pas de mal à être égoïste (parfois). Je prends plaisir à écrire et je veux que ça reste ainsi. C’est pour cette raison que le chapitre 10 est en suspend depuis des mois… je bloque sur ce chapitre car je dois rédiger d’autres notes à côté du roman pour ne pas m’y perdre, et ça me rebute un peu. (Mais ne vous tracassez pas, je vais m’y mettre !)
L’écriture doit rester un plaisir. Si mes textes plaisent aux lecteurs, alors tant mieux ! C’est du bonus.
J’ai en effet commencé ce roman en le voulant « interactif » avec ses lecteurs. Chacun peut ainsi y apporter sa touche personnelle : des noms de personnages, de villes, de cours d’eau, … voir même un personnage complet ou une sorte de « quête » secondaire pour Arvin !
Qui n’a jamais rêver pouvoir s’immiscer dans son livre ou film préféré ? C’est ce que je propose avec « La Magie des Mots ». Malheureusement bien peu ont répondu à l’appel.


La créature hocha la tête à la fin de l’interview et, dans un claquement de doigts, elle disparaissait dans un nuage de fumée verte. « Je vous remercie. »

J’invite chacun à me poser ses propres questions via la page contact de ce site ou encore par la page Facebook de La Magie des Mots.

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