4 Fév

Etherval n°4 : Domini doni ?

CouvA4SmallR4Etherval
est une revue papier, numérique et audio dont la qualité s’affine de numéro en numéro. Partenaire du premier Challenge Francofou, Etherval renouvelle l’expérience cette année !

Après le temps (n°0), la trahison (n°1), le dessin (n°2) et la mer (n°3), c’est au tour du don d’être le thème de ce quatrième numéro.

 

Détails techniques

Revue Etherval
7 € par numéro en version papier (format magasine)
3 € par numéro en version électronique en couleur (pack audio offert)
Possibilité d’acheter les nouvelles à la pièce
348 pages pour la version électronique

Mon avis

L’Héritage des Fondateurs – Catherine Loiseau

Rhenna est une extraterrestre capable de se rendre invisible. Mais au-delà de cette particularité propre à son espèce, elle a reçu un don au pouvoir bien plus important. Une puce fichée dans sa nuque lui permet de voir et modifier la toile dont est faite l’univers. Un don fort convoité sur cette planète hostile.

Un texte de SF auquel je ne m’attendais pas. L’auteure a brillamment su utiliser le thème dans un univers futuriste où plusieurs races extraterrestres cohabitent. Beaucoup d’action et de rebondissements. De bien belles idées qui mériteraient d’être développées sur un texte plus long. J’ai malgré tout eu du mal à m’attacher au personnage, mais c’est peut-être le format court qui en est la cause ?

Quand l’homme vint – Aurélie Genêt

Lorsque le Shaman traverse un village tourmenté par la menace d’un ours sévissant dans la forêt, il leur propose son aide. Grâce à l’esprit de la forêt, il peut exercer une force mentale sur les animaux et les plier à sa volonté. Toutefois, pour soumettre l’ours, il réclame un paiement bien trop élevé pour les villageois.

Bel hommage à la nature. Malheureusement je n’ai eu aucune surprise.

main-verteMain Verte –  Émilie Querbalec

On l’appelle « Main Verte », cet enfant difforme à la capacité surprenante. Sa vieille mère a fait de lui un animal de foire, un être parfois adulé, parfois maudit.

Un texte simple avec une sensation de déjà vu. C’est pourtant un thème toujours efficace. Pour ma part, j’ai bien aimé la manière dont il a été abordé, de même que la plume de l’auteure.

 Du bout des doigts – Marine Sivan

Dans un monde où les pauvres ayant le don sont abattus, un héro anonyme cambriole les nobles et affiche leur corruption aux yeux de tous. Mais sur les lieux d’un crime, les enquêteurs pensent que quelque chose cloche…

Les pauvres séparés des nobles qui eux, sont les seuls à pouvoir bénéficier du don. Des purges dans les bas-quartiers pour chasser les bâtards qui en ont hérité. Tout ça m’a beaucoup fait penser à la trilogie du Magicien Noir de Trudy Canavan. Cependant, c’est la seule comparaison possible entre les deux. Bien que la trilogie soit un best seller incontestable, j’ai préféré cette nouvelle aux allures de thriller policier.

 Sous l’aile du Corbeau – Marie-Catherine Daniel

Tiphaine et ses parents ont passé l’hivers le ventre vide. Le printemps arrive, mais les récoltes se font attendre. Tiphaine part à la recherche d’escargots dans les haies et les champs, puisque la chasse et la cueillette dans le bois du Seigneur sont interdits. Là, un étrange corbeau l’aide à trouver de la nourriture. Aurait-elle le don ?

Dans cette nouvelle au style bien maîtrisé, le don reste flou. Qu’est-il ? Existe-t-il seulement ? En ces temps reculés, le « don » s’apparente à la sorcellerie. Chouette petit conte qui se lit tout seul.

Lucien – Galmier Falconis

Lucien est un petit garçon perçu par son entourage comme l’idiot du village. Il dit qu’il parle aux animaux, en les imitant, et qu’ils lui répondent. Jusqu’au jour où un drame survient et qu’il va devoir montrer aux adultes ce qui s’est réellement passé.

Galmier Falconis a su parfaitement écrire ce que dirait un enfant de cet âge. On se met facilement dans sa peau.
La chute de la nouvelle, bien qu’elle ne soit pas si surprenante, est toutefois bien menée. Gentil petit texte, probablement pas le meilleur, mais pas mauvais non plus.

rock-outRock out – Amandine Thorrignac

Une fan de métal découvre que certains accords musicaux ouvrent des portes sur un autre monde, d’où surgissent des créatures infernales.

Un jeu entre un Super Vilain et une Super Héroïne : l’un va invoquer des créatures dans un concert, l’autre doit les renvoyer d’où elles viennent, et ce à trois concerts de suite. Alors seulement, elle sera libre.
Voilà qui me fait grandement penser à Âmes de Verre d’Anthelme Hauchecorne. Là aussi, des instruments musicaux influent sur la vie des autres dans un monde ou le réel côtoie les créatures du Sidh. Et vous savez quoi ? Cette nouvelle est meilleure que le roman. Tout du moins à mon sens. Il n’y a pas, ici, d’incohérence qui m’ait agacé, ni de superflu. Merci Amandine.

Le Club des Sens en folie – Adam Shimi

Beni est victime d’une synesthésie. Il ne perçoit plus les odeurs comme tout un chacun, mais il les voit. En couleur. Depuis quelques temps, une odeur bleu, signe de danger, apparaît à de multiples endroits.

Nouvelle courte, dotée de quelques traits d’humour sympathiques. Je ne sais que dire de plus car elle ne m’a pas vraiment atteinte.

Des choses changent – Loïc Mauran

Depuis plusieurs décennies, les datifs ont été découverts. Ils possèdent chacun un don différent, un don qui, chaque fois qu’il est utilisé, provoque la perte d’autre chose chez l’individu : la vue, la parole, etc. Gabriel, homme prudent qui planifie tout, est décontenancé lorsque le parti de l’Étendard sape ses plans.

Des Super-Héros en veux-tu en voilà. Mais chaque pouvoir a des conséquences désastreuses pour son utilisateur. Gabriel a décidé de vivre comme s’il n’était pas un natif, c’est pour cette raison qu’il reste extrêmement prudent, quitte à ce que sa femme le dispute pour son manque de témérité. Il doit pourtant se résoudre à utiliser son don pour atteindre ses rêves.
Voilà une nouvelle bien fournie, un monde bien détaillé et cohérent. Un texte sous des allures de thriller qui se lit agréablement.

Mains de mort – Julie Limoges

Dans un futur lointain, l’humanité a fini par trouver l’équilibre. Plus rien d’autre ne compte. Désormais immortels, les hommes sont interdits de procréer sans l’assentiment de leurs dirigeants. Les enfants non pucés sont traqués… et tués. Parmi cette population modifiée par le temps et la science, certains êtres possèdent des pouvoirs insoupçonnés.

Ayant grandement apprécié « La Mère des mères » de Julie Limoges dans le n°3 d’Etherval « Mare Nostrum », j’attendais ce texte-ci avec impatience. Et je fût comblée.
C’est un coup de coeur, ni plus ni moins. Un excellent style, une maîtrise du rythme parfaite, une intrigue rondement menée et un monde futuriste aux allures du Meilleur des Mondes, le don en plus. Perso, j’en redemande.

La Voix d’Egzé – Rémi Przybylski (j’ai presque réussi à l’écrire en une fois… presque)

Les nano-bootés se sont rassemblés en clans, de même que les naturels. Régulièrement, ils se livrent à des rixes de rue que la police vient perturber. C’est lors de l’un de ces combats que le don d’Ivan se manifeste. Ce qui l’entraîne dans une fuite désespérée aux côté d’Egzé, une nano-bootée qui ne supporte pas les naturels.

Les humains « naturels » contre les humains-cyborgs, c’est un thème déjà largement exploité dans la littérature. Rien de bien nouveau ici, hormis les origines de ce fameux don.
Le texte se lit bien, sans être pour autant inoubliable. Pour ma part, j’ai surtout l’impression d’avoir raté quelque chose à la fin du texte.

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Conclusion

Voici un numéro plutôt équilibré, tant au niveau de la qualité des textes que des genres proposés. J’ai pris plaisir à lire ces nouvelles, avec mes préférences bien entendu.
Je n’en ai pas parlé, mais l’équipe d’Etherval a également rédigé quelques petits textes en rapport avec le thème de ce n°4 : « le don ». Une mère explique à son fils ce que sont les Super-Héros, une bibliographie des Super-Héros que nous connaissons tous nous détaille l’origine de quelques-uns d’entre eux, le don à travers l’Histoire et le temps, le don au cinéma et sous toutes ses formes… bref, une parenthèse de culture qui vaut la peine d’être lue.
Feldrik Rivat, auteur de la trilogie « Les Kerns de l’Oubli », y fait une apparition sous forme d’interview. Quant aux missives d’Étherval, c’est comme toujours un dessert savoureux !

Je rappelle avec joie qu’Étherval est l’un des partenaires du Challenge Francofou ! 😉

challenge francofou 25

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