23 Mar

Etherval n°3 : Mare Nostrum

Etherval était l’un des partenaires pour le Challenge Francofou, et c’est à ce titre que quelques participants ont reçu leur revue n°3 intitulée Mare Nostrum, sur le thème de la mer.

J’ai déjà croisé les écrits de la plupart des auteurs présents dans ce numéro, mais je les ai ici redécouverts.

Sachez que j’ai lu Mare Nostrum en version numérique sur une liseuse noir et blanc. Mais Etherval prévoit la parution de ses revues sur papier et en couleurs. Certaines nouvelles sont également disponibles en version audio, et toutes sont téléchargeables à l’unité.

  • A la mer je retournerai (Catherine Loiseau) : 

Une jeune fille écrit les mésaventures qu’elle et son groupe vivent à travers leur voyage perpétuel le long des côtes. Car depuis l’apocalypse, seuls les rivages ne sont pas pollués par cette brume mortelle qui enveloppe les terres intérieures. Toutefois, la mer et ses Profonds sont autant de dangers mortels, eux aussi.

Si on se doute assez vite de la chute de cette nouvelle, elle ne s’en lit pas moins agréablement. L’auteure a ponctué son récit de quelques références musicales sur le thème de la mer, ça fait sourire.

  • Au-delà de la mer (Jérôme Simon)

Un navire vogue sur les vagues de branches feuillues ou de dune de sables mouvants. Son équipage, comme celui des autres vaisseaux, est à la recherche de la mer véritable.

J’ai été étonnée de trouver un monde aussi riche et bien pensé pour une nouvelle. Tant les personnages que l’univers sont profonds, détaillés. Voilà un texte qui mériterait d’être développé.

  • Le phare au cœur des brumes (Romain Billot)


Un photographe qui ne croit aucunement aux phénomènes paranormaux, sa petite amie journaliste et une artiste peintre qui se prétend médium ont décidé de passer une semaine complète dans le phare de Tévennec. L’endroit est réputé pour avoir rendu ses gardiens fous, jusqu’à en tuer certains.

phare

 

Décidément, je croise Romain partout en ce moment ! Ce qui n’est pas un mal car j’ai beaucoup apprécié cette nouvelle basée sur des faits historiques et légendes bretonnes. Le tout évidemment teinté d’angoisse. C’est ce qui caractérise son style.

  • La Voix de l’océan (Yann Valère)

Humains, géants et demi-elfes naviguent au-dessus de la mer grâce à une raie volante harnachée à un bateau peu commun. Mais voilà que le magicien, attiré par l’océan, néglige la surveillance de l’altitude du vaisseau qui finit englouti par les flots. Une poignée de naufragés tentent de survivre sur un radeau dérisoire.

Un mélange de beaucoup de choses (elfes-noirs, bateau-volant, dieux nordiques, poésie …) mais bien dosées. Pas d’indigestion. Sympa, sans être non plus un grand moment.

  • La sculptrice de vagues (Anthony Boulanger)

AudioLaScuptriceDeVague Un naufragé à la dérive commence à perdre espoir. Lorsqu’il voit une femme apparaître au milieu des flots, semblant les commander pour qu’ils forment des géométries architecturales à couper le souffle, il se demande s’il n’a pas aussi perdu la raison…

Nouvelle la plus courte de ce n°3 Mare Nostrum, Anthony Boulanger nous donnerait presque envie de faire naufrage. C’est un texte léger, tout en finesse et en poésie. Joli.

  • Au nom du Père (Thomas Baronheid)

Lorsque le capitaine d’un vaisseau pirate voit son navire couler par le fond, il se dit que tout est fichu. C’est ce moment que choisit une sirène pour lui annoncer que son père, le Nautile, ne cessera de remuer les mers que lorsqu’il aura retrouvé sa fille Amnora.

Nous voici en pleine époque de la renaissance. Nul ne croit aux sirènes, mais le capitaine est bien forcé d’admettre leur existence. S’en suit une quête périlleuse pour sauver Amnora.
Classique, mais l’écriture m’a plu.

  • Hulba (Sylvain Lamur)

Hulba est une petite cité côtière où chacun a sa place. Même le fantôme du maire, qui continue à visiter ses citoyens de temps à autres. Mais voilà qu’un événement inattendu vient perturber l’ordre tranquille du village : la mer s’est figée.

Ha ! Enfin une nouvelle sans sirène ni naufrage !
Sylvain Lamur a déjà été chroniqué par ici. On le connait pour ses récits complètement loufoques à prendre au 15ème degré, et celui-ci ne fait pas exception. Il n’empêche, un peu de légèreté dans cet ouvrage a fait du bien !

  • La Mère des mères (Julie Limoges)

Sur cette planète, l’océan n’est pas fait d’eau mais de pétrole. L’or noir à portée de main, les industriels ont tôt fait de coloniser cette terre pourtant peu accueillante. La mer noire présente maints dangers, pourtant un navire tente la traversée de plusieurs milliers de kilomètres. A son bord, un homme va découvrir la véritable nature de ces eaux sombres…

ENFIN une nouvelle de SF ! La première et la dernière, malheureusement. Enfin, j’ai cru au début qu’il s’agissait de SF, mais plus on s’enfonce dans le pétrole, plus on se rend compte qu’il s’agit plutôt de Fantastique. De l’horreur digne de Lovecraft (ou presque, il faut avouer qu’il est difficile à égaler).

  • Prison d’écailles (Rémi Przybylski – Przyb quoi…)

AudioPrisonDEcaillesJade et Hercules ont été séparés par les sirènes et leurs dragons. Jade tente le tout pour le tout en se dirigeant vers le Rocher aux Sirènes à bord du navire de Kaim, qu’il a spécialement équipé pour l’occasion. La chasseuse de prime parviendra-t-elle a déjouer les pièges que la mer a tendus ?

Encore des sirènes… mais le thème est ici abordé différemment. Le bateau de Kaim fait étrangement penser au Steampunk, avec ses tubes et son saxophone. Quant aux dragons cracheurs d’eau, c’est une reprise du mythe que j’ai beaucoup appréciée !
Si j’ai aimé les éléments présents dans cette nouvelle, l’ensemble ne m’a pourtant pas laissé une trace indélébile.

Avis général :

Si vous avez lu mon avis sur le n°1 Tu quoque fili sur le thème de la trahison, vous constaterez qu’il y a plus d’homogénéité sur ce n°3 Mare nostrum. Les nouvelles sont globalement d’un meilleur niveau (à mon goût, évidemment).
Le thème de la mer est aussi vaste que l’océan lui-même. Je regrette que la majorité des auteurs se soit cantonnée aux sujets les plus évidents (sirènes et naufrage) et qu’une seule se soit attaquée à un côté plus SF.
Cela n’enlève rien au fait que, lus indépendamment les uns des autres, les textes restent tous agréables. J’ai bien entendu mes préférences. Quelles sont les vôtres ?

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Extraits audio et résumés

La boutique : 7€ par numéro pour les plus récents, 6€ pour les autres. 3€ par numéro en version numérique. Les versions audio sont automatiquement envoyées avec les versions numériques.

JLNN du dimanche

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