14 Avr

Critique : Des Larmes sous la Pluie (Rosa Montero)

larmes_sous_pluieQuart de couverture:

États Unis de la Terre 2109, les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu’une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour réécrire l’histoire de l’humanité et la rendre manipulable. Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même, sur le mémoriste qui a créé les souvenirs qu’elle porte en elle et qui la rapprochent des humains. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n’a d’alliés que marginaux ou aliens, les seuls encore capables de raison et de tendresse dans ce tourbillon répressif de vertige paranoïaque.

Rosa Montero choisit un avenir lointain, hérité de Philip K. Dick et de Blade Runner, pour nous parler de ce qui fait notre humanité, la certitude de notre mort et de celle de ceux que nous aimons. Ses personnages sont des survivants qui s’accrochent à la morale politique, à l’éthique individuelle, à l’amitié et à l’amour. Elle construit pour nous un futur cohérent, une intrigue prenante qui nous touche et nous fait réfléchir. Elle écrit avec passion et humour, des outils essentiels pour comprendre le monde.

J’ai reçu « Des Larmes sous la Pluie » gratuitement grâce à l’opération « mass critique » organisée par Babelio (réseau social du livre), en collaboration avec les éditions Métailié (et d’autres, évidemment). Je tiens à les remercier de tout cœur pour cette belle découverte.

En effet, en librairie, je ne me serais jamais promenée de moi-même au rayon « hispanique ». Et pourtant… ce livre de science-fiction est une vraie perle qu’il serait dommage de manquer.

Je ne vais pas faire ici un résumé détaillé de ce livre. Ça serait gâcher le suspens qui est ma fois bien présent de la première à la dernière page. L’intrigue est tournée à la façon d’un roman policier : l’héroïne est une détective privée, réplicante à qui il ne reste que 4 ans, trois mois et 29 jours à vivre, qui va mener l’enquête sur ces suicides violents et très semblables de plusieurs réplicants. Je ne suis pas une adepte du roman policier, mais j’avoue que placé dans un univers futuriste et à la fois proche de notre époque, sur notre propre planète (bien qu’elle n’ait plus le même visage en 2109), cela ne m’a pas déplu.

Ne vous attendez pas à un grand roman moralisateur (quoique ?) étudié dans le moindre détail à la façon d’un space opera, car ce n’en est pas un. Il s’agit de science-fiction simple et complexe à la fois. Rosa Montero a approfondi son œuvre de façon à ce qu’elle soit crédible, mais sans aller dans l’excès. Le futur, la science, la technologie et les forces en présences ne sont finalement que le décor d’un drame politico-psychologique. Car il ne s’agit pas d’un remake de vieux film de SF où les hommes se battent contre les technos-humains, leur création, même si l’ensemble du livre semble mener vers cette guerre quasi-inévitable. Il s’agit plutôt de l’histoire de cette femme-robot, qui mène son enquête sur les faits dramatiques qui secouent son quartier mais également sur sa propre vie, sur sa place dans le monde, sur sa mort… 4 ans 3 mois et 29 jours… ainsi que sur l’éthique, la politique et la manipulation des foules à travers les médias. Toutes
sortes de médias.

C’est finalement  ce que j’en retiens : pensez par vous-même et ne prêtez pas trop d’attention à ce que les médias vous montrent, même si les images sont réelles, elles sont parfois tronquées ou présentées dans de mauvais contextes.
Est-ce réellement le message que l’auteure a voulu transmettre ? Je n’en sais rien. Je lirai probablement d’autres de ses livres pour mieux faire connaissance avec elle, car j’aime beaucoup son humour, son style légèrement mélancolique, franc, simple, et redoutablement efficace.

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