8 Juin

Le club des punks… (Karim Berrouka)

punksLe Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie :

Paris n’est plus que ruines. 

Et le prix de la cervelle fraîche s’envole. 
Heureusement, il reste des punks. 
Et des bières. 
Et des acides. 
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge. 
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse. 
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie… 
 
Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos ! 

 

Détails techniques :

 

Editions ActuSF
Parution : 05/2016
416 pages (version papier)
Version papier : 18 € ; version numérique : 5,99 €
Lien direct vers l’éditeur, où vous pouvez télécharger un extrait

 

Mon avis :

 

De Karim Berrouka, je n’ai lu que sa nouvelle Pourquoi dans les grands bois, aimé-je à m’égarer dans l’anthologie Lancelot, que j’avais grandement apprécié. Alors des punks, des zombies et sa plume à l’humour sans retenue, je ne pouvais que dire oui !

 

Comment les zombies sont-ils arrivés ? On n’en sait rien, et on s’en fiche. Un remède ? Pareil. Les punks n’en n’ont rien à foutre tant qu’on leur fiche la paix dans leur « collectif du 25 », un lieu clôt et abandonné où ils ont élu domicile, font pousser des légumes, ont stocké de la bière pour mille ans et jouent du punk cacophonique sous speed et autres substances illicites. Ce qui est tout de même bizarre, c’est que les zombies semblent réagir à leur musique déjantée…

 

Ce bouquin ? Du grand n’importe nawak. Une anarchie littéraire. On aime, ou on n’aime pas.
L’auteur semble partir dans tous les sens, un peu comme ses punks disjonctés, et pourtant il suit une ligne bien définie. Quitte à couper court et emprunter des raccourcis gros comme des maisons pour revenir là où il le voulait. On s’en offusquerait dans tout autre genre, mais pas ici. On en sourit, on en rit même tant tout cela parait absurde. Rien que les noms des personnages sont un gag qui colle parfaitement à l’esprit du roman : Deuspi, Fonsdé, Mange-poubelle, Kropotkine et Eva (ouai, parce qu’une fille ça doit être sérieux, alors elle a un nom normal). Et puis les « punks à chien », faudrait pas les oublier. (Vous constaterez qu’avec des noms aussi zarbi, je les ai retenu ! Une grande première)

 

Et voilà que cette joyeuse bande d’écolo-anarcho-anticapitalites se met en tête de visiter Paris alors que la ville grouille de zombies. C’est pour eux l’occasion rêvée de revendiquer leur but ultime, leur raison de vivre : l’anarchie. Et… et là commencent évidemment les emmerdes, comme l’avait prédit Mange-poubelle, le fan de films zombies. S’en suivra toute une épopée complètement dingue, avec des zombies atypiques et des héros au langage bien typé. On navigue entre hallucinations (visions ?), survie et reconstruction d’une vie meilleure. Tout en restant naturellement bien barré.

 

Mais l’auteur ne se contente pas de faire rire son lecteur. Il instille, de-ci de-là quelques éléments sur notre actualité, sur le gouvernement français (Européen ?) et les dérives du capitalisme y sont clairement pointées du doigts. Très souvent, il fait référence à une culture musicale punk qu’il semble très bien connaître (tout mon contraire, mais ça ne m’a pas arrêtée). Et puis ses punks ne se contentent pas d’être des « rebus de la société » comme certains les appellent. Ils sont tous bien différents les uns des autres, mènent chacun leur propre combat et arborent leurs convictions avec fierté. L’anarchie, selon les punks que l’on suit ici, ce n’est pas simplement du no future, fuck them all and let me drink my beer. C’est aussi et surtout une autre vision de l’organisation sociale et politique (plutôt sans politique d’ailleurs). En  bref, derrière le grand n’importe quoi se cachent des messages bien plus subtils.

 

J’ai pris grand plaisir à lire cette aventure zombie complètement décalée. Les punks sont rarement à l’honneur et si quelqu’un pouvait les mettre sous projecteur, c’est bien Karim Berrouka. Seul bémol : C’est peut-être un peu trop long pour rester dans le trip jusqu’au bout. J’ai commencé à décrocher vers 90% de ma lecture, quand ça devient vraiment n’importe quoi (et pourtant toujours dans la logique du reste du récit). L’humour décalé, c’est bien, mais ça a ses limites.

 

 

Voir aussi les avis de :

 

 

Lu et chroniqué dans le cadre du Zombies Challenge de La Prophétie des Ânes.

4 réflexions au sujet de « Le club des punks… (Karim Berrouka) »

  1. C’est justement pour tes derniers mots « L’humour décalé c’est bien, mais ca à ses limites » que je reste dubitative à le lire, laissons venir l’envie (ou pas)

    1. On en discutait avec Damien Snyers, lui il a adoré jusqu’au bout. Il a su rester dans le trip. J’y suis restée assez longtemps mais à la toute fin, j’ai décroché. Ca dépend d’une personne à l’autre…

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