10 Jan

Chroniques d’un rêve enclavé (Ayerdhal)

ParleurQuart de couverture :
 » On ne bâtit rien sur le désespoir, fors la haine, mais avec la colère et l’usure des souffrances qui se répètent, avec la faim et la peur du lendemain, avec nos seuls coudes serrés pour nous tenir chaud, et nos larmes en échos, et nos rires enfuis, un jour, avec juste ça, entre hommes et femmes,
nous n’aurons plus besoin que d’un rêve pour nous éveiller. « 
Dans cette cité médiévale où règnent recruteurs, faiseurs de dîme et de gabelle, les poètes meurent, les rêveurs aussi. Les rêves, eux, ne demandent qu’à voyager. Parleur, le vagabond visionnaire, parviendra-t-il à leur faire franchir les murs de la Colline ?

 

 

 

Détails techniques :

Editions Au Diable Vauvert
Polar SF
Prix Ozone
392 pages
18 € papier, 4,99 € numérique

Mon avis :

Suite au décès d’Ayerdhal, le cercle d’Artuan a décidé de lui rendre hommage en proposant un de ses livres pour la lecture commune de décembre. C’est Parleur ou Chroniques d’un Rêve Enclavé qui a été élu.

Il s’agit d’un livre difficile à classer, finalement. L’éditeur lui a donné l’étiquette « polar SF ». Il ne s’agit pourtant pas d’un polar… et pas non plus de SF. De Fantasy ? On pourrait l’imaginer puisque l’intrigue se déroule dans un pays imaginaire et moins développé que le nôtre. Presque à l’ère médiévale. Sauf qu’il n’y a que des hommes, la famine, la royauté, la religion et… l’argent. Pas de grand héro ni de bataille épique, pas non plus la moindre trace de magie ni d’intrigue à la Game of Throne. Ayerdhal a écrit une histoire simple et pourtant difficile : la construction d’une utopie.

Si le peuple avait une mémoire, il lui faudrait l’écouter. Alors il n’y aurait plus ni princes, ni nobles, ni bourgeois, ni dogmes. Il n’y aurait plus que le peuple et il se gouvernerait lui-même.

Les habitants de Macil sont à la merci de la famine durant un hiver bien difficile. Cet hiver, beaucoup ne le passeront pas. Parleur motive alors quelques-uns à prendre les choses en main sans attendre l’aide ni des dirigeants ni des religieux. A force de négociations, en évitant la violence et en usant des bons mots, il parvient à maintenir un minimum vital pour la Colline qu’il a coupé du monde pour mieux se gérer toute seule.

Si le monde ne te convient pas, tu n’as qu’à le changer.

Je n’enterai pas dans les détails au risque de spoiler. Au fil des pages, Ayerdhal nous décrit comment ce Parleur parvient à rendre la vie meilleure pour tous les habitants de la Colline. Toujours à force de mots et en exécrant la force brute, ces gens vont faire front commun face à l’autorité qu’en tente de leur imposer. Il s’agit d’un rêve d’indépendance totale, de décisions prises par le peuple et plus par une poignée « d’élus » qui profite de son pouvoir. La Colline s’auto-gère, au même titre que cette commune d’Espagne qui a instauré il y a des années la prise de décisions par vote du peuple (entre-autres). On ne peut que comparer ce qui se déroule à Macil avec notre propre façon de vivre. Leur gouvernement et le nôtre. Il s’agit d’un doux rêve que l’on voudrait tous atteindre : la fin des impôts tels que nous les connaissons, un revenu de base pour tous, l’entraide et la solidarité plutôt que l’individualisme… mais il s’agit d’un rêve que tout gouvernement refuse(ra). Et puisque c’est encore lui qui a les pleins pouvoir aujourd’hui, il fera tout pour que ce rêve ne se réalise pas.

Très politiquement engagé Chroniques d’un Rêve Enclavé est un livre qui ne parlera pas à tout le monde. Je ne sais toujours pas dire si je l’ai apprécié ou non. Il est très intéressant, mais la politique, même aussi belle, me gave. On entend de plus en plus parler de revenu minimum, de « vraie démocratie », de vote du peuple etc. Mais je ne me sens pas (du tout) engagée. Je me fiche de la politique. Complètement. Si elle change, tant mieux. Sinon tant pis. C’est certainement très égoïste, oui. Mais je n’ai pas l’âme d’un Parleur et je ne me vois pas aller au front de chaque manifestation. Ce n’est pas moi.

Alors peut-être que non, finalement. Je n’ai jamais réussi à entrer pleinement dans ce livre.

Ils l’ont lu aussi :

Baroona, Julien le Naufrageur,

Challenge Francofou

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