20 Nov

American Fays (Xavier Dollo & Anne Fakhouri)

american faysCe Chicago de 1925 a tout du chaudron prêt à exploser ! Entre les Leprechauns mouillés dans la fabrication de faux billets et les gangs qui s’activent en coulisses pour s’emparer des marchés de l’alcool et des speakeasies, autant dire qu’il y a de l’orage dans l’air. Et tandis qu’Al Capone tente de retrouver son influence sur la ville, voilà que des Drys, farouches partisans de la Prohibition, sont atrocement assassinés.

Scarface devient, aux yeux des autorités, le suspect idéal. Furieux et persuadé que les Fays sont dans le coup, il charge une bande de chasseurs de Fays, les No Ears Four, de débusquer les véritables coupables.

Pour Old Odd et son équipe, les ennuis ne font que commencer. Contraints de plonger dans les entrailles d’une ville corrompue et en proie aux guerres des gangs, les quatre nettoyeurs ont intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre à la tempête qui s’annonce. Car, quand la Fayrie est impliquée, mieux vaut ne pas trop traîner dans l’oeil du cyclone !

Détails techniques

Editions Critic, collection Fantasy
Illustration (magnifique) de Xavier Colette
Couverture rigide et dos toilé
23 € (vu la splendeur de l’objet, ce n’est rien du tout)
420 pages (hors remerciements et le début de « Un privé sur le Nil »)

Mon avis

De l’Urban Fantasy, j’en ai lu très peu. En y réfléchissant bien, je pense même n’en avoir lu qu’un avant American Fays : le premier tome d’Âmes de Verre d’Anthelme Hauchecorne. À moins que l’on ne considère le roman-série d’Alizée Villemin, Lady Falkenna, pourtant tamponné Steampunk, comme faisant partie d’Urban Fantasy. Pourquoi pas, après tout, puisqu’il s’agit également d’une aventure urbaine où les êtres féeriques se mêlent aux hommes.
Si la Lady entre dans cette catégorie, alors je pense pouvoir dire que mes propres nouvelles « Renaissance » (Elenya, recueil « Steampunk ») et « Un chasseur sachant chasser… » (Lune-Ecarlate, anthologie « Monstres à toute vapeur ») y entrent également.

Terrain un minimum connu, donc, puisque moi aussi, j’ai fais mes propres recherches sur la Fayrie. Ce monde si fascinant.

Mêler ces êtres frivoles, graciles, têtus et merveilleux aux années vingt dans une Amérique en pleine prohibition dans un climat où la mafia règne en maître, ça n’a pas du être chose aisée. Pourtant ce mariage fonctionne à merveille !
Tout au long de ma lecture, j’ai eu l’impression de vivre le rêve d’un autre temps. Un temps dur où la majorité vivait dans la misère. Un temps où un petit rien pouvait combler quelqu’un de bonheur. Un temps définitivement révolu. Les descriptions sont presque faites avec nostalgie, j’en viendrais moi-même à regretter de ne pas avoir vécu dans ces années là, moi qui déteste pourtant le jazz (sorry). Cependant, ce Chicago est loin d’être un paradis. C’est probablement l’enthousiasme de Bix qui me reste en mémoire.
Et puis, ces Fays ! Qu’ils soient fées-du-logis, nymphes, trolls ou pixies, tous correspondent parfaitement à l’image que je m’en fais. Ce n’était pas sans me rappeler une certaine « Magie »… 😉

Bref, je partais d’un bon pied dans cette aventure légère au langage bien souvent familier. En y pénétrant, j’y ai croisé pas mal de références en tous genres : des personnages historiques réels, des personnages d’autres livres (un certain détective sur un certain fleuve), de la musique, des contes de fées fays bien connus, etc. De quoi me donner davantage le sourire.

Mais.
Car il y a des mais (c’était trop beau).
Tous les personnages sont caricaturaux. Tous sans exception. On va du gros bill un peu bête au meurtrier avec ses couteaux et ses sourires sadiques, en passant par la matrone, le méchant à la sale gueule et des Fays qui n’en font qu’à leur tête. Mais je pense que c’était voulu. Ce livre est fait pour décompresser, s’évader du monde réel sans se prendre la tête. Et ça fonctionne très bien ainsi.

Beaucoup de coquilles. Moi qui ne les recherche vraiment (mais vraiment) pas, plusieurs m’ont sautées aux yeux. Ainsi que quelques « oublis » scénaristiques (et la main coupée ? On n’en parle plus quand on repêche le bonhomme ?) [c’était un spoil qui n’en était pas un]. Bref, je chipote. Ce sont des détails. Mais des détails où je me suis dit : « mince, dommage ».

En résumé

Voilà un livre atypique de part son mélange des genres et des personnages, et très banal à la fois à cause des caricatures à foison. Vous ne trouverez pas ici de quoi faire turbiner votre matière grise car l’unique but d’American Fays est de divertir, et en cela, le pari est gagné. Guerre des gangs, années vingt, prohibition et fayrie, le tout mixé à la sauce thriller sur lit de légendes urbaines. Un cocktail détonnant et étonnant, en plus d’être un superbe objet.

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Lalou Rêve

Lu et chroniqué dans le cadre du Challenge SFFF au féminin de Tigger Lilly, ainsi que pour mon propre Challenge Francofou !

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